Madame, Monsieur le maire,
Comme l’an dernier à pareille époque, la CLCV du Finistère appelle votre attention, au nom des consommateurs, sur la question de la consommation énergétique et plus particulièrement sur l’éclairage public.
En effet, les constats que nous avons faits en 2010 restent malheureusement valables.
En France, selon l’ADEME, les 9 millions de lampes servant à éclairer villes et campagnes correspondent à la capacité énergétique d'un réacteur nucléaire. L'éclairage nocturne participe donc à la pointe de consommation d'énergie qui pose problème en Bretagne chaque hiver et justifie, selon certains, la création d’une nouvelle centrale thermique. Or on constate que cette consommation, qui s’accroît chaque année, est plus forte en France que dans d’autres pays (exemple : plus du double par rapport à celle de l’Allemagne).
L'éclairage public et les enseignes publicitaires représenteraient ainsi 1 à 2 % de la consommation électrique en France, soit 4 % des émissions de gaz à effet de serre. Globalement, la facture énergétique est estimée entre 400 et 500 millions d'€ par an. Pour les communes, l'éclairage public constitue 23 % de la facture globale d'énergie et 38 % de la celle d'électricité, ce qui représente un coût annuel au point lumineux de 40 à 70 €.
Enfin cet éclairage public provoque, selon une partie de la communauté scientifique, une pollution lumineuse préjudiciable à la faune et à la flore.
La CLCV confirme l’urgence de définir et mettre en œuvre un plan volontariste de réduction de l’éclairage public (mais aussi de l’éclairage des entreprises et magasins par exemple, situés sur les voies express et dans les zones commerciales), compte tenu de deux contraintes nouvelles :
- le désengagement de l’Etat dans le financement des collectivités locales, qui pourrait contraindre celles-ci à des choix difficiles et notamment parfois à augmenter la pression fiscale sur les contribuables ;
- la hausse constante du prix de l’électricité pour le consommateur, qui ne peut que se poursuivre puisque l’électricité en France est foncièrement dépendante du nucléaire. Rappelons en effet que le coût du KWH nucléaire est inflationniste en raison de la croissance vertigineuse du coût des futures centrales dites EPR et de la non-prise en compte de la totalité du coût du retraitement des déchets nucléaires.
Dans le contexte actuel de crise économique et sociale, ces hausses affectent principalement les contribuables modestes ainsi que les consommateurs, piégés par le tout électrique.
La CLCV estime ainsi que les collectivités locales doivent travailler à l’élaboration d’un plan de réduction du sur-éclairage et, au-delà, de la consommation électrique, comportant notamment :
- la suppression des sur-éclairements, la réduction du nombre de lampadaires sur la voie publique, l’orientation des éclairages vers le sol, l’abaissement de hauteur des feux de circulation, une meilleure adéquation entre l’allumage/extinction des lampadaires et la luminosité extérieure (on voit encore de nombreuses lumières allumées en plein jour) ;
- la mise en oeuvre de modes d'éclairage doux et raisonnés de manière à éclairer plus juste, tout en assurant la sécurité des habitants ;
- le recours à des solutions innovantes : installation de lampadaires éoliens-solaires (Grenoble), ou photovoltaïques (Issy-les-Moulineaux) ;
- la réduction des illuminations de Noël ou l’utilisation systématique de lampes LED ;
- l’incitation des constructeurs et des lotisseurs à délaisser le chauffage électrique au profit d’autres sources d’énergie.
Nous comptons beaucoup sur l’exemplarité et l’effet d’entraînement résultant de telles mesures, et restons bien entendu à votre disposition pour en débattre, particulièrement au sein des commissions consultatives des services publics locaux.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le maire, mes salutations les meilleurs.
Pour la CLCV du Finistère,
le président, Claude Martel